Ca vient de sortir !

Avis aux curieux : les bibliothécaires vous signalent l'arrivée du dernier opus de trois revues du Fonds régional reçues dans le cadre des échanges avec la Société d'Histoire et d'Archéologie de Vichy et des Environs :


 Au sommaire de Mémoires de la Société des Sciences naturelles, archéologiques et historiques de la Creuse :
- La partie ancienne du cimetière de Guéret : un patrimoine menacé par Olivier Brunet et Marie Léger
- Albert Bonneau (1898-1967), l'écrivain aux milles romans par Odile Bonneau
- L'origine des collections de tissus coptes du musée de Guéret par Olivier Brunet
Ainsi que diverses chroniques et compte-rendu de la vie de la société








Au sommaire de La Physiophile :

- Grottes d'Azé (Saône-et-Loire) : traces disparues et inédites de l'homme préhistorique dans le "métro" par Jean-Claude Notet et Lionel Barriquand

- Un édifice bourguignon dans le diocèse de Lyon : l'église de Briennon par Anelise Nicolier
- La guillotine à Chalon-sur-Saône en 1865 par Claire et Gilbert Coing
- Hommage à Jean Régnier (1892-1946) par Suzanne Lambin
- Le périple d'un conscrit bourguignon : de Blanzy à Pékin par Tunis (1898-1901) par Roger Marchandeau
- Un entretien entre Raymond Barault, André Jeannet et Marie-Hélène Velu, 1e 14 mai 1980 par Gérard Soufflet et Jérémy Beurier
- Ne m'appelez pas "gapienne" ! Une affaire de coups et blessures à Chevagny-sur-Guye en 1765 par Jérôme Bidault
- Les fours à chaux de Blanzy par Robert Chevrot




Au sommaire de Antiquités nationales :


- Nouvelles acquisitions et présentations au Musée des Antiquités nationales par Hélène Chew

- Etude de restes humains inédits provenant de la grotte du Mas d'Azil (Ariège) par Jennifer Kerner et Eva David
- Apport de l'analyse techno-fonctionnelle à la compréhension du dépôt mortuaire azilien du Mas d'Azil par Jennifer Kerner et Eva David
- Du nouveau sur la provenance du second torque en or du premier âge du fer d'Apremont (Haute-Saône) par Laurent Olivier
- Travaux et recherches de Louis Le Pontois et Paul du Chatellier à propos de la sépulture scanidinave à barque de l'île de Groix par Gilbert-Robert Delahaye
- Montrer et démontrer la Préhistoire : perspectives comparatistes et Préhistoire au musée d'Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye (1862-1927) par Christine Lorre
- Les fouilles de Napoléon III : le Camp de Saint-Pierre-en-Chastres (Oise) à l'épreuve de pratiques archéologiques  croisées par Louis Hugonnier, Sylvain Rassat et Cyril Montoya
- Françoise Henry (1902-1982) et le musée des antiquités nationales : la chance manquée de la recherche française par Laurent Olivier
- Une archéologue et historienne de l'art français en Irlande : Françoise Henry par Barbara Wright

Toutes ces revues et bien d'autres sont disponibles à l'Espace patrimoine : le dernier numéro paru doit être consulté sur place, les précédents peuvent désormais être empruntés pour une durée de trois semaines.

Fabienne


Des collégiens des Célestins en vacances... aux Fonds patrimoniaux !

Certains collégiens jouent les prolongations pour la bonne cause : quelques uns ont en effet proposé de guider leurs familles et leurs camarades dans Vichy à l'occasion des prochaines Journées Européennes du Patrimoine qui se dérouleront les 16 et 17 septembre sur le thème "Jeunesse et patrimoine".

Carte postale illustrée par Louis Tauzin, vers 1910 (coll. Jacques Cousseau)
Une certaine "Lucy Ambery", élégante lady d'origine britannique,  se prépare à faire découvrir les richesses architecturales de Vichy, et en particulier les toutes dernières réalisations de sa "Belle Epoque", aux visiteurs qui voudront bien la suivre : il faut dire qu'elle est incollable sur les styles et les architectes qui ont présidé à l'édification des principaux monuments de la Reine des Villes d'eaux comme le hall des Sources, l'établissement thermal de 1ère classe, le Grand Casino, les palaces ou même le temple protestant qu'elle a participé à financer !

Rappelons que ces jeunes là n'en sont pas à leur coup d'essai : sous la conduite de leurs professeures, Florence Berardi, Hélène Randoing et Silvia Vittuari, ils ont déjà présenté au public le fruit de leurs recherches à l'occasion d'une réunion publique qui s'était tenue au Palais des Congrès le 10 octobre dernier, au sujet de la candidature de Vichy parmi les grandes villes d'eaux européennes à l'inscription au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Ce travail a également fait l'objet d'une édition papier, largement illustrée en couleurs, qu'ils ont offert à la médiathèque : "A la découverte des mille et une façades de Vichy" propose une relecture du patrimoine vichyssois de style byzantin à la lumière d'un chapitre de leur cours d'histoire consacré à la civilisation arabo-musulmane, tandis que "A l'assaut des mille et une façades de Vichy" s'attache à y détecter les influences de l'Occident chrétien médiéval. 


Dans les deux cas, les 29 élèves de la classe de 5e2 ont réuni à la fois des connaissances théoriques,  des illustrations (cartes postales anciennes, plans d'architectes issus des fonds patrimoniaux et photos ou dessins actuels de leur cru), établi des comparaisons mais aussi proposé des jeux, coloriages et même des recettes de cuisine !
 Ce projet avait également une dimension solidaire puisque le produit de la vente de ces fascicules, soit plus de 500 €, a  été reversé à un centre d'accueil malien qui vient en aide aux enfants des rues déscolarisés, aux filles-mères rejetées par leurs familles et aux orphelins.

Fabienne

Le patrimoine privé se dessine à travers les archives

Au fil des recherches menées à la médiathèque, le patrimoine architectural privé se dessine aussi au travers des archives Percilly-Brière. De récentes demandes, émanant souvent de nouveaux propriétaires vichyssois ou de passionnés, ont permis le classement de  beaux plans datant de la féconde période de construction vichyssoise des années 1900-1930.



Grâce à Hortense et à la restauration qui avait précédé l'ouverture de sa demeure, les archives de la villa du 62 avenue Paul Doumer avaient déjà été exhumées de l'énorme masse du cabinet, actif à Vichy pendant plus d'un siècle. Elles sont aujourd'hui inventoriées, mises à plat, reconditionnées et quelques plans représentatifs du dossier ont été numérisés et mis en ligne sur la galerie Flickr du patrimoine. 

Ces documents, nous apprennent que c'est à Félix Buisson, agent immobilier que l'on doit l'agrandissement et la transformation d'une maison plus ancienne, par Antoine Percilly et son gendre Gilbert Brière en 1925-1926. 

Pour cette maison qui abritait son habitation mais aussi ces bureaux, il apporta une attention toute particulière à la décoration, commandant les dessins de ferronneries, boiseries et staffs mais aussi d'un vitrail ovale pour la cage d'escalier, qui devait être réalisé par le maître verrier limougeaud Francis Chigot.


Cependant, la plupart des commandes des plus belles villas émanaient de médecins thermaux qui choisissaient bien entendu de s'établir à proximité des sources et établissements de bains. C'est ainsi qu'en 1899, le Dr François Guinard commanda à Antoine Percilly une villa à édifier au n° 123, boulevard des Etats-Unis. Derrière une façade de style néo-Louis XIII étaient répartis la salle d'attente et le cabinet de consultation du médecin ainsi que les pièces d'habitation du médecin, pour lesquelles sont précisées le style choisi : Louis XV, Louis XVI, mauresque... Le dossier contient également un avant-projet de façade qui permet de voir l'évolution des desiderata du commanditaire.




















Dans ce domaine, c'est certainement le Dr Eugène Willemin qui remporte la palme ! Le dossier de ses deux villas locatives a édifier au 106 et 106bis boulevard des Etats-Unis renferme une dizaine de projets très différents les uns des autres dessinés entre 1901 et 1903. 
















Depuis la typologie du chalet isolé dans un petit jardin jusqu'à l'immeuble de rapport mitoyen de ses voisins, Antoine Percilly tente de répondre au mieux aux souhaits de son exigeant et versatile client, jusque dans l'installation des éléments de confort les plus modernes comme le monte-plat, présent sur la catalogue du fournisseur au même titre que le monte-personne.
























Heureusement, le futur président de la Société des Sciences médicales de Vichy se montrera plus déterminé pour l'édification de sa propre habitation, au n°103 du même boulevard. Il faut dire que celle-ci devait prendre place dans la série des chalets de Napoléon III et c'est naturellement vers ces modèles que se tournera l'architecte pour la construction du Chalet Saint-Sauveur en 1905. 





Mais les archives réservent bien d'autres surprise. Ainsi, la correspondance échangée entre le commanditaire, l'architecte et certains artisans, révèle un personnage pour le moins dur en affaire en la personne du Dr Willemin ! Est-ce sa silhouette que l'architecte, à bout de patience,  aurait croquée entre deux plans ? Hélas, rien ne l'indique...


Fabienne

























C'est l'été, empruntons la voie des airs pour partir en voyage !


Du nouveau au rayon Etat Français et pas seulement pour les passionnés d'histoire: Histoire de l’aéronautique de Charles Dollfus et Henri Bouché – L’illustration, 1942...








La revue L’Illustration qui parût, de 1843 à 1944, marque très tôt sa curiosité pour l’aéronautique, puisque dès ses premiers numéros, des articles sur les « Machines volantes » sont publiés. Régulièrement, elle tient ses lecteurs informés des progrès de l’aviation et célèbre les aviateurs, pressentant également, dès l’aube des années 20, les possibilités de l’aviation commerciale. 

Ainsi, cet intérêt se traduit par la publication, entre 1924 et 1938, de nombreux numéros spéciaux où les noms d’Henri Bouché et Charles Dollfus apparaissent régulièrement.





Henri Bouché (qui a été élève de l’Ecole normale supérieure) entre dans l’aviation de guerre en 1915 et devient capitaine aviateur occupant jusqu’en 1918 des postes importants dans l’aviation d’observation et de reconnaissance. Collaborant régulièrement à la revue, c’est tout naturellement vers lui que les éditions de L’Illustration se tournent, en 1932, pour réaliser L’Histoire de l’aéronautique qu’il rédige en compagnie de Charles Dollfuss. 

Ce dernier s’est intéressé très tôt à l’aéronautique, effectuant sa première ascension en ballon en 1911 et décrochant son brevet de pilote de ballon, deux ans plus tard. Réformé en 1914, il se fait enrôler comme « engagé spécial bénévole » dans la marine où il sert comme moniteur de ballon. En 1918, il obtient son brevet de pilote de dirigeable. 

Ainsi, les deux hommes profitent de la richesse des archives de la revue, des collections publiques, ainsi que de leurs collections personnelles, pour constituer une œuvre de synthèse qui fera longtemps autorité par la richesse de sa documentation. 

Cinq chapitres forment ce livre :

1 - La période de l’aéronautique « sans moteur », qui est celle des ailes artificielles et des ballons 




2 - La période mécanique et expérimentale (1843-1900), dominée par l’apport de la vapeur 


3 - La période du moteur à explosion et des réalisations affectives (1900-1914) : dirigeabilité des ballons, vol soutenu des aéroplanes, premiers voyages aériens 



4 - La période de la guerre 1914-1918 



5 - La période d’emploi généralisé des années 30 





Ce superbe ouvrage est publié pour la première fois en 1932 par l’Illustration et sera réédité en 1938 , ainsi qu’en 1942 édition, récemment entrée dans les collections de la bibliothèque. 

Même sans être passionné par le sujet, on se délecte à feuilleter les pages et à découvrir, grâce aux superbes illustrations en couleurs, la magnifique aventure que fut l’invention de l’aéronautique.

Martine




Valery Larbaud et Jean-Marie Levet

Une précédente chronique avait relaté le prêt d’une affiche de la Bibliothèque-musée de Valery Larbaud, à la Cité du Vin, à Bordeaux, pour une exposition présentée du 17 mars au 21 juin.

Un très beau catalogue de cette exposition vient de paraître. Publié par Gallimard, et intitulé "Bistrot ! de Baudelaire à Picasso", cet ouvrage remarquable a pour but de « témoigner, sur plus de deux siècles, de la vitalité de ces lieux emblématiques de nos mondes modernes. Au prétexte de partager un verre de vin, un apéritif ou une boisson chaude, toute la société s’y retrouve. »


Ainsi, le bistrot, haut-lieu de la vie sociale, colonisé par les artistes et les écrivains de tout temps, est magnifié au travers un choix pertinent d’analyses signés Pascal Ory, Antoine de Baecque, Philippe Sollers et Stephane Guégan, mais aussi d’œuvres peintes et de documents littéraires.

Et bien sûr, on retrouve, célébré par Frédéric Vitoux (Prix Valery Larbaud 1991), Jean-Marie Levet (1875-1963) qui posa pour Jaques Villon (1875-1963) afin de réaliser en 1899, une publicité pour le Grillon american bar concert situé 20 rue Culas à Paris.


Jean-Marie Levet avait alors 25 ans et était connu à Montmartre non seulement pour ses premiers essais poétiques mais également pour l’excentricité de son accoutrement. Du jour, où Larbaud acheta cette affiche, elle ne quitta plus son bureau.

La mort précoce de Levet empêcha une rencontre avec Valery Larbaud, qui en était un grand admirateur. Toujours soucieux de faire partager ses plaisirs littéraires, le vichyssois, aidé de Léon-Paul Fargue fit publier les Poèmes de Levet en 1921 par la Maison des Amis des Livres. 

Hasard du calendrier éditorial, vient de reparaître dans la jolie Bibliothèque des impardonnables aux éditions Fario,  la "Conversation à l'intérieur d'une limousine", conversation tenue par Léon-Paul Fargue et Valery Larbaud alors qu'ils se rendaient à Montbrison chez les parents de Jean-Marie Levet...

Vu à la télévision !




Extr. de Mallat. Histoire des
eaux minérales, livre III
Le 1er juin dernier, Vichy a reçu la visite d'une équipe de France 3 Auvergne-Rhône-Alpes. Jérôme Doumeng animait en effet  "9h50 le matin" en direct du Musée d'Afrique et d'Asie.

L'occasion pour le service Patrimoine de sortir des Archives Percilly-Brière les plans d'un projet méconnu . En 1899, le Dr Lejeune, propriétaire de l'établissement dans lequel est aujourd'hui installé le musée, avait en effet décidé de confier l'agrandissement de son établissement à l'architecte vichyssois Antoine Percilly.


Le projet ne vit pas le jour mais il reste de somptueux dessins dont celui d'une spectaculaire façade au centre de laquelle on reconnait la façade du musée. Ces plans sont désormais dépoussiérés, inventoriés et décrits dans le catalogue en ligne de la Médiathèque.

Le reportage est accessible sur la page Facebook du Patrimoine et sur celle du Musée.

Les Archives d’architecture du Casino : quand la préparation d’une exposition permet le traitement d’une importante masse de plans d’architecture…


C’est à la demande de Marc Le Cœur, commissaire de la prochaine exposition du Musée de l’Opéra, que les plans d’architecture, récupérés lors du rachat du Grand Casino par la Ville de Vichy, ont pu être exhumés des magasins pour être enfin traités. 

Ancienne documentation technique pour les architectes et hommes de l’art de la Compagnie fermière, ces plans avaient visiblement été beaucoup manipulés, mélangés et parfois abîmés. L’opération a donc consisté au tri, classement, dépoussiérage, consolidation, reconditionnement en pochettes neutres, puis à la numérisation des dessins les plus représentatifs, inventaire, estampillage  et enfin description au catalogue. 

Au total, ce sont 759 plans signés Charles Badger, Charles Le Cœur, Lucien Woog, Gustave Simon, ou plus exceptionnellement Edouard Jean Niermans ou Félix Aublet, entre 1863 et 1986, qui ont été répartis en 18 dossiers. Ils concernent essentiellement le casino. En effet, chaque hiver, la salle de théâtre, les salles de jeux, les salons, le restaurant, les galeries ou les terrasses, faisaient l’objet de projets de transformation pour adapter le bâtiment à l’évolution de la clientèle et de ses habitudes. Tous n'étaient pas exécutés, comme en témoigne le projet de surélévation par Simon en 1919 (ci-dessous), finalement refusé par l'autorité préfectorale. 


 Un dossier contient également des travaux exécutés sur d’autres bâtiments de la Compagnie fermière comme La Restauration, le hall du fond du parc (devant la Source de l’Hôpital, aujourd’hui disparu) ou le Casino des Fleurs.  



Les dessins les plus intéressants seront exposés cet été au Musée de l’Opéra.