L'atelier de l'automne consacré à Château-Robert


Le 25 novembre dernier a eu lieu un nouvel Atelier Patrimoine consacré à Château-Robert qui faisait écho à la conférence de Michel Aubert donnée la veille au Centre Culturel Valery-Larbaud. Comme au printemps dernier, il s'agissait d'un atelier participatif au cours duquel les participants étaient invités à partager leurs propres souvenirs relatifs à l'activité de la marque Château-Robert.

Une vingtaine de personnes se sont donc retrouvées autour du conférencier Michel Aubert, ce qui leur a permis de le questionner sur certains éléments de son exposé. Chacun a pu ensuite voir de près et manipuler les documents anciens issus des Fonds Patrimoniaux de la médiathèque ou des collections privées des participants. Cela a donné lieu à de multiples échanges, des débats riches et surtout un bon moment partagé.

Un peu d'histoire





M. Aubert a d'abord rappelé l'origine de l'appellation. Ce nom vient de Claude Edouard Robert, né le 8 octobre 1839, fils de Jean-Pierre Robert, inventeur du biberon à soupape. C. E. Robert fit passer l'invention de son père au stade industriel. En effet, en 1869, il dépose un brevet et fonde une usine à Dijon afin d'exploiter le nouveau produit. En 1873, le biberon reçoit une médaille d'honneur à l'Exposition Universelle de Paris. Vers 1880, l'entreprise s'installe place Daumesnil à Paris. Néanmoins, le succès sera de courte durée car, dans les années 1890, le biberon à soupape est de plus en plus décrié, notamment par l'Académie de médecine. Difficilement nettoyable et par conséquent véritable nid à microbes , il est responsable de la mort de nombreux nourrissons. Le biberon révolutionnaire devient le "biberon tueur" ! En 1910, il est prohibé et interdit à la vente. L'usine de Paris ferme ses portes en 1915.

Arrivée de Claude Edouard Robert à Saint-Yorre




En 1890, cherchant à se tourner vers une autre industrie, M. Robert acquiert un terrain à Saint-Yorre où il fore six sources. Très vite, il a l'idée de mettre en scène ses sources dans un parc original, et de diversifier leur exploitation dans plusieurs domaines tels que la confiserie et l'embouteillage. 




















Dès septembre 1890, suivant les indication et parfois même les croquis de son commanditaire, l'architecte Antoine Percilly dessine les plans de pavillons différents pour chacune de ses sources : édicule à armature de ciment imitant les rondins de bois pour la Source du Chalet pavillon en maçonnerie recouvert d'un dôme oriental pour la source de la Couronne ; amoncellement rocheux, dominé par une statue de Neptune tenant un trident pour la source qui lui est dédiée ; dans deux bâtiments classiques en maçonnerie pour les Source Saint-René et Château-Robert. 




Mais celle qui retient le plus l'attention des visiteurs est la Source Grande-Grotte : "Cette vaste construction de 33 mètres de hauteur, tout en pierre de Volvic, c'est-à-dire en pierres volcaniques. Dans cette Grotte dont elle prête le nom, jaillit une source alcaline et ferrugineuse de la plus haute valeur et sur laquelle nous appellerons toute l'attention des visiteurs." Il est vrai qu'après avoir gravi des marches, on pénètre dans une chambre occupée par un ermite qui commercialise des chapelets et des objets de piété. L'étage suivant, par lequel on accède par un escalier suspendu dans le vide, mène à une chapelle où trône une statut de 2,50 m de hauteur. "Cette statue du Christ, datant de XIe siècle et qui fait l'admiration de tous les archéologues qui viennent la visiter, a été trouvée par M. Robert dans les passes de l'Océan près d'Arcachon (des témoignages revêtus des signatures les plus authentiques l'attestent)." Deux bas-reliefs en bronze ancien taillées dans le roc représentent la Vierge à la chaise et l'autre la Vierge tenant l'Enfant-Jésus. Cette grotte sera détruite dans les années 70. 

L'année suivante, de nombreux plans et devis sont établis pour le "château", en réalité une vaste villa de style néo-gothique que doit habiter Edouard Robert. Ne parvenant à se mettre d'accord avec Percilly, il se tourne finalement vers Henri Décoret qui construit la villa en 1895. Le propriétaire inscrit sur sa façade principale  les devises : "Si jeunesse savait, si jeunesse pouvait" ou encore"Omnia labor".


Plan d'architecture de Percilly du 30 mars 1892
Plan d'architecture de Percilly du 17 août 1892
En 1933, le château sera surélevé et agrandi par les architectes Martin et Rouby.

Une nouvelle attraction des environs de Vichy

Tract, vers 1930 (coll. M.Laval)
En février 1892, pour renforcer l'attractivité de son parc, le propriétaire achète un bateau à vapeur et fait construire un embarcadère, dans le but de permettre aux curistes vichyssois de rejoindre Saint-Yorre par les eaux de l'Allier. Le bateau se révélera finalement insuffisant pour assurer la remontée de la rivière. L'année suivante, E. Robert  projette la construction d'un hôtel de 400 chambres à construire dans la propriété ou à proximité, par un groupement de médecins et capitalistes [sic] parisiens qui ne verra finalement pas le jour.

Longtemps, Château-Robert restera l'une des principales excursions proposées aux curistes dans les guides de Vichy. Michel Aubert précise que le parc a accueilli des groupes scolaires jusque dans les années 60. 
Guide de Vichy, 1933

Michel Aubert présente des carnets offerts aux curistes.







La confiserie Robert s'implante à Vichy 



Pastilles Château-Robert (coll. M.Laval)
En 1897, Claude Edouard Robert décède. Son fils, René Pernet-Robert, prend sa suite et installe une confiserie place Victor Hugo à Vichy en 1911. Les produits issus de la fabrique Château-Robert sont ainsi au plus près des curistes, présentés dans des boîtes variées : une centaine de modèles de boîtes différents sera éditée.

Petites boîtes de bonbons de la confiserie (coll. M. Laval)
Grand modèle de boîte à bonbons
Château-Robert (coll. M. Laval)

Publicité pour la limonade Château-Robert (coll. M. Aubert)
Le magasin distribue toute sorte d'objets hétéroclites, supports d'une publicité dynamique.

Tract et broche publicitaires pour la Limone 
(coll. M. Aubert et M. Laval)
Visière-lunette (coll. M.Aubert)


La Petite Bourbonnaise



Comment parler de Château-Robert sans évoquer sa Petite Bourbonnaise ? Cet emploi était occupé par une jeune fille et consistait à parcourir les rues de Vichy sur une charrette tirée par un âne. Elle distribuait des publicités lors de ses tournées. Christiane D. témoigne de cette activité : voisine de la confiserie à l'époque, elle fut sollicitée pour incarner cette petite Bourbonnaise mais elle avait décliné l'offre.


La Petite Bourbonnaise en 1926 (coll. C. Betlej)
Les greniers renferment souvent des trésors... Lors de l'atelier, M. Aubert avait apporté le chapeau de la petite Bourbonnaise.

Chapeau de la Petite Bourbonnaise (coll. M. Aubert)


Fin de l'histoire


En 1938, René Pernet-Robert meurt subitement. C'est sa femme qui devient alors gérante du groupe. Pendant la seconde guerre mondiale, surviennent de grosses difficultés d'approvisionnement en matières premières et l'interdiction d'expédier en zone occupée est effective en 1940. Par ailleurs, en 1943, l'Allier étant proche du parc, de fortes crues engendrent beaucoup de pertes.

D'après ses archives, Michel Aubert précise que l'entreprise comprend une trentaine d'employés dans les années 50. En 1966, Château-Robert est vendu à la Société commerciales des eaux de Saint-Yorre.

Aujourd'hui, le parc et le Château-Robert appartiennent à la ville de Saint-Yorre et accueillent le centre de loisirs.

Pour en savoir plus, à votre disposition au service Patrimoine :
Pascal Chambriard. Aux sources de Vichy. Ed. Bleu autour, 1999
Le dossier complet des plans d'architecture dessinés par Antoine Percilly pour Château-Robert
Et le compte-rendu complet de la conférence de Michel Aubert à paraître prochainement dans le Bulletin de la Société d'Histoire et d'Archéologie de Vichy et des Environs.

Emilie et Fabienne

Un Lyonnais à Vichy

Certains artistes n'ont pas attendu la réunion des régions Auvergne et Rhône-Alpes pour franchir la Loire et parcourir les quelques 165 km qui séparent la Capitale des Gaules de la Reine des Villes d'eaux. Une récente acquisition prouve que les paysagistes lyonnais n'ont pas dédaigné l'Allier et ont parfois posé leur chevalet sur ses rives. L'un de leurs chefs de file, Antoine Ponthus-Cinier, bien qu'ayant surtout peint des sites de la région lyonnaise réalisa ainsi,dans la cité thermale, en 1884, un très beau lavis rehaussé de gouache sur papier bistre intitulé L'Allier à Vichy qui fut exposé au Salon de Lyon la même année.

D'après Wikipedia, Antoine Ponthus-Cinier est né à Lyon le 29 août 1812 et décédé dans la même ville  le 17 janvier 1885. Inscrit en 1829 à l’École des Beaux-Arts de Lyon où il ne semble pas être entré, il devient par la suite l’élève de Paul Delaroche à Paris et obtient le Second grand prix de Rome pour Adam et Ève chassés du paradis terrestre (conservé au Musée des Beaux-Arts de Lyon), en 1841. Il passe ensuite deux années en Italie et séjourne à Florence, Rome, Gênes et Naples. Ce voyage influencera fortement ses productions artistiques. À son retour, il effectue un long périple en Dauphiné, dans la Dombes, en Provence, dans les Alpes et dans les Pyrénées pour finalement se fixer à Lyon. Il devient membre de la Société des aquafortistes de Paris où ses gravures rencontrent un franc succès. Il expose des paysages historiques et paysages simples à Lyon entre 1837 et 1885, à Paris entre 1841 et 1867, à Rouen en 1869 et à Dijon en 1881. Ces œuvres exposées sont des peintures, des encres de Chine gouachées, des aquarelles et quelques eaux-fortes. Il légua par testament à la ville de Lyon 50 lavis, ses cahiers de raisons en trois volumes, des dessins et une rente de 1 000 francs destinée à la distribution d’un prix qui porte son nom (concours annuel de « Paysage au point de vue décoratif ») décerné par l’École des Beaux-Arts de Lyon. Son atelier fut vendu à Lyon en mars 1885. Les musées de Lyon, Chalon-sur-Saône, Besançon, Brou et Chambéry conservent ses œuvres.


La rivière Allier a très souvent inspiré les artistes venus à Vichy au XIXe siècle et les collections municipales comprennent plusieurs témoignages de cet intérêt : John Claude Nattes (1765-1822), parmi ses nombreux dessins laissa une Vue sur l'Allier à Vichy en 1821. Dans un petit carnet de croquis réalisés à Vichy en 1850, Charles Alexandre Debacq (1804-1853) a lui aussi consacré plusieurs dessins à l'Allier. 





Adolphe Vautier (1865-1927) peignit quant à lui un Bord d'Allier à Vichy en 1905 qui a appartenu à Valery Larbaud. En 1927, Maurice Lévis (1860-1940) choisit la passerelle comme sujet central de son Souvenir de Vichy.


Les Vichyssois s'intéressèrent également à ce motif : le professeur de dessin Michel Gelly (1863-1916) s'attacha notamment à la passerelle en 1904 et à la digue en 1908




Plus tard, l'architecte Alexandre Veyre (1886-1963) tomba lui aussi sous le charme de l'endroit, peignant également à l'aquarelle Quais d'Allier et Bords d'Allier au parc des Bourins vers 1945 mais proposant également une reconstitution (non retenue) de Vichy vers 1750 pour l'ouvrage de Maurice Constantin-Weyer, Vichy et son histoire, en 1947. 




Depuis l'attrait de la rivière ne faiblit pas et on pourrait encore citer Robert Mazuel ou Maurice Boucard mais c'est aujourd'hui surtout par les photographies que la rivière s'impose à nous et même si  celles-ci peuvent parfois aussi constituer de véritables œuvres d'art, il n'est pas superflu de consacrer quelque attention au regard des peintres...

Fabienne


"Les musiques du silence"

Pierre Lafoucrière . Phot. J.-M. Vincent
L'été dernier à Montluçon, la Galerie Écritures  avait organisé une exposition rétrospective de l'oeuvre de Pierre Lafoucrière intitulée "Les musiques du silence". Ce titre résonne étrangement en ce mois de novembre puisque nous avons appris la disparition du peintre, à l'âge de 90 ans.

Pierre Lafoucrière était venu à Vichy le 12 mai, à l'occasion de la remise du Prix Valery-Larbaud, inaugurer et présenter avec passion l'exposition consacrée à ses peintures inspirées de la littérature, occasion de rendre hommage aussi à Monique Kuntz, ancien conservatrice de la médiathèque.

Cette dernière avait organisé plusieurs expositions autour de l'oeuvre de ce peintre natif de Louroux-de-Bouble et l'avait invité à se pencher sur les vers du poème "Europe" de Valery Larbaud.























P. Lafoucrière. Europe : peinture sur papier, 2014
Phot. J. Mondière


Pierre Lafoucrière aura travaillé jusqu'à son dernier souffle et l'on pourra voir certaines de ses œuvres à Souvigny l'année prochaine, dans une exposition consacrée au vitrail, ainsi qu'à la Galerie Écritures où seront présentées ses dernières grandes aquarelles.


"Avec son décès, l’art contemporain perd un formidable créateur, maîtrisant les techniques au service d’une rare sensibilité, ce qui lui a permis de réaliser un très bel ensemble d’œuvres. Et si les supports, les techniques, les couleurs, les sujets sont différents, l’ensemble est très homogène, on reconnaît de suite son travail dans lequel dominent le geste, la lumière, l’harmonie et la spiritualité. Ce travail demeurera au-delà de sa disparition. Ses œuvres se trouvent dans les intérieurs de collectionneurs, dans les Frac, les Musées, une salle lui est consacrée aux Musées d’Art Moderne Religieux du Vatican. Son œuvre est visible par tous dans les églises qui accueillent ses vitraux, ses chemins de croix, vêtements liturgiques, croix de procession et autre porte de tabernacle (plus de 14 lieux). Il est et restera dans le  cœur des visiteurs et amateurs de peinture qui l’ont rencontré, tant sa personnalité était bienveillante, tant ses mots nous rendaient plus intelligent, tant la lumière de son regard nous éclairait."
Jean-Marc Vincent - Galerie Écritures


Fabienne



De bien mystérieuses maquettes...

Un nouveau don est venu récemment enrichir les collections d'architecture de la médiathèque.


Il s'agit d'une maquette en plâtre en bas-relief (30 x 60 cm pour 2 cm d'épaisseur environ) représentant la façade de l'Hôtel de Ville en vue perspective oblique.

Hélas, aucune signature ni aucune date ne vient documenter cette maquette... Cependant, la finesse et l'exactitude des détails laissent supposer un travail de professionnel et non d'élève d'école d'art, par exemple. L'auteur a notamment représenté les sculptures en bas-relief qui devaient orner le sous-bassement de la façade principale, de chaque côté de l'escalier. Or, ce décor sculpté ne figure que sur les dessins de l'architecte et n'a finalement jamais exécuté. Il a été, dès l'origine, remplacé  par deux panneaux pleins, récemment percés pour faciliter l'accès aux services de l'état civil à droite et des écoles, à gauche.


Par ailleurs, un autre élément vient renforcer l'hypothèse d'une réalisation par l'architecte lui-même : il se trouve que la médiathèque a acquis l'an passé une maquette semblable (même format, même technique, même perspective, même style) représentant cette fois la façade de l'église Saint-Blaise, malencontreusement badigeonnée de bleu et gris sans doute assez récemment. Or ce deuxième bâtiment, tout comme l'Hôtel de Ville, est l’oeuvre d'Antoine Chanet (1873-1964), ici associé à son gendre Jean Liogier (1894-1969).

Alors, ces deux maquettes sont-elles dues à l'architecte lui-même ? Doit-on les dater de l'époque des deux projets, soit 1912 pour la première, 1925 pour la seconde ? Existe-t-il d'autres maquettes de cette sorte ? Nous espérons que les passionnés de patrimoine vichyssois pourront nous éclairer sur cette question. Alors, n'hésitez pas à contacter les bibliothécaires (sur place, fonds.patrimoniaux@ville-vichy ou 04 70 58 42 60) pour apporter votre pierre à l'édifice !

Fabienne



Ca vient de sortir !

Avis aux curieux : les bibliothécaires vous signalent l'arrivée du dernier opus de trois revues du Fonds régional reçues dans le cadre des échanges avec la Société d'Histoire et d'Archéologie de Vichy et des Environs :


 Au sommaire de Mémoires de la Société des Sciences naturelles, archéologiques et historiques de la Creuse :
- La partie ancienne du cimetière de Guéret : un patrimoine menacé par Olivier Brunet et Marie Léger
- Albert Bonneau (1898-1967), l'écrivain aux milles romans par Odile Bonneau
- L'origine des collections de tissus coptes du musée de Guéret par Olivier Brunet
Ainsi que diverses chroniques et compte-rendu de la vie de la société








Au sommaire de La Physiophile :

- Grottes d'Azé (Saône-et-Loire) : traces disparues et inédites de l'homme préhistorique dans le "métro" par Jean-Claude Notet et Lionel Barriquand

- Un édifice bourguignon dans le diocèse de Lyon : l'église de Briennon par Anelise Nicolier
- La guillotine à Chalon-sur-Saône en 1865 par Claire et Gilbert Coing
- Hommage à Jean Régnier (1892-1946) par Suzanne Lambin
- Le périple d'un conscrit bourguignon : de Blanzy à Pékin par Tunis (1898-1901) par Roger Marchandeau
- Un entretien entre Raymond Barault, André Jeannet et Marie-Hélène Velu, 1e 14 mai 1980 par Gérard Soufflet et Jérémy Beurier
- Ne m'appelez pas "gapienne" ! Une affaire de coups et blessures à Chevagny-sur-Guye en 1765 par Jérôme Bidault
- Les fours à chaux de Blanzy par Robert Chevrot




Au sommaire de Antiquités nationales :


- Nouvelles acquisitions et présentations au Musée des Antiquités nationales par Hélène Chew

- Etude de restes humains inédits provenant de la grotte du Mas d'Azil (Ariège) par Jennifer Kerner et Eva David
- Apport de l'analyse techno-fonctionnelle à la compréhension du dépôt mortuaire azilien du Mas d'Azil par Jennifer Kerner et Eva David
- Du nouveau sur la provenance du second torque en or du premier âge du fer d'Apremont (Haute-Saône) par Laurent Olivier
- Travaux et recherches de Louis Le Pontois et Paul du Chatellier à propos de la sépulture scanidinave à barque de l'île de Groix par Gilbert-Robert Delahaye
- Montrer et démontrer la Préhistoire : perspectives comparatistes et Préhistoire au musée d'Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye (1862-1927) par Christine Lorre
- Les fouilles de Napoléon III : le Camp de Saint-Pierre-en-Chastres (Oise) à l'épreuve de pratiques archéologiques  croisées par Louis Hugonnier, Sylvain Rassat et Cyril Montoya
- Françoise Henry (1902-1982) et le musée des antiquités nationales : la chance manquée de la recherche française par Laurent Olivier
- Une archéologue et historienne de l'art français en Irlande : Françoise Henry par Barbara Wright

Toutes ces revues et bien d'autres sont disponibles à l'Espace patrimoine : le dernier numéro paru doit être consulté sur place, les précédents peuvent désormais être empruntés pour une durée de trois semaines.

Fabienne


Des collégiens des Célestins en vacances... aux Fonds patrimoniaux !

Certains collégiens jouent les prolongations pour la bonne cause : quelques uns ont en effet proposé de guider leurs familles et leurs camarades dans Vichy à l'occasion des prochaines Journées Européennes du Patrimoine qui se dérouleront les 16 et 17 septembre sur le thème "Jeunesse et patrimoine".

Carte postale illustrée par Louis Tauzin, vers 1910 (coll. Jacques Cousseau)
Une certaine "Lucy Ambery", élégante lady d'origine britannique,  se prépare à faire découvrir les richesses architecturales de Vichy, et en particulier les toutes dernières réalisations de sa "Belle Epoque", aux visiteurs qui voudront bien la suivre : il faut dire qu'elle est incollable sur les styles et les architectes qui ont présidé à l'édification des principaux monuments de la Reine des Villes d'eaux comme le hall des Sources, l'établissement thermal de 1ère classe, le Grand Casino, les palaces ou même le temple protestant qu'elle a participé à financer !

Rappelons que ces jeunes là n'en sont pas à leur coup d'essai : sous la conduite de leurs professeures, Florence Berardi, Hélène Randoing et Silvia Vittuari, ils ont déjà présenté au public le fruit de leurs recherches à l'occasion d'une réunion publique qui s'était tenue au Palais des Congrès le 10 octobre dernier, au sujet de la candidature de Vichy parmi les grandes villes d'eaux européennes à l'inscription au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Ce travail a également fait l'objet d'une édition papier, largement illustrée en couleurs, qu'ils ont offert à la médiathèque : "A la découverte des mille et une façades de Vichy" propose une relecture du patrimoine vichyssois de style byzantin à la lumière d'un chapitre de leur cours d'histoire consacré à la civilisation arabo-musulmane, tandis que "A l'assaut des mille et une façades de Vichy" s'attache à y détecter les influences de l'Occident chrétien médiéval. 


Dans les deux cas, les 29 élèves de la classe de 5e2 ont réuni à la fois des connaissances théoriques,  des illustrations (cartes postales anciennes, plans d'architectes issus des fonds patrimoniaux et photos ou dessins actuels de leur cru), établi des comparaisons mais aussi proposé des jeux, coloriages et même des recettes de cuisine !
 Ce projet avait également une dimension solidaire puisque le produit de la vente de ces fascicules, soit plus de 500 €, a  été reversé à un centre d'accueil malien qui vient en aide aux enfants des rues déscolarisés, aux filles-mères rejetées par leurs familles et aux orphelins.

Fabienne

Le patrimoine privé se dessine à travers les archives

Au fil des recherches menées à la médiathèque, le patrimoine architectural privé se dessine aussi au travers des archives Percilly-Brière. De récentes demandes, émanant souvent de nouveaux propriétaires vichyssois ou de passionnés, ont permis le classement de  beaux plans datant de la féconde période de construction vichyssoise des années 1900-1930.



Grâce à Hortense et à la restauration qui avait précédé l'ouverture de sa demeure, les archives de la villa du 62 avenue Paul Doumer avaient déjà été exhumées de l'énorme masse du cabinet, actif à Vichy pendant plus d'un siècle. Elles sont aujourd'hui inventoriées, mises à plat, reconditionnées et quelques plans représentatifs du dossier ont été numérisés et mis en ligne sur la galerie Flickr du patrimoine. 

Ces documents, nous apprennent que c'est à Félix Buisson, agent immobilier que l'on doit l'agrandissement et la transformation d'une maison plus ancienne, par Antoine Percilly et son gendre Gilbert Brière en 1925-1926. 

Pour cette maison qui abritait son habitation mais aussi ces bureaux, il apporta une attention toute particulière à la décoration, commandant les dessins de ferronneries, boiseries et staffs mais aussi d'un vitrail ovale pour la cage d'escalier, qui devait être réalisé par le maître verrier limougeaud Francis Chigot.


Cependant, la plupart des commandes des plus belles villas émanaient de médecins thermaux qui choisissaient bien entendu de s'établir à proximité des sources et établissements de bains. C'est ainsi qu'en 1899, le Dr François Guinard commanda à Antoine Percilly une villa à édifier au n° 123, boulevard des Etats-Unis. Derrière une façade de style néo-Louis XIII étaient répartis la salle d'attente et le cabinet de consultation du médecin ainsi que les pièces d'habitation du médecin, pour lesquelles sont précisées le style choisi : Louis XV, Louis XVI, mauresque... Le dossier contient également un avant-projet de façade qui permet de voir l'évolution des desiderata du commanditaire.




















Dans ce domaine, c'est certainement le Dr Eugène Willemin qui remporte la palme ! Le dossier de ses deux villas locatives a édifier au 106 et 106bis boulevard des Etats-Unis renferme une dizaine de projets très différents les uns des autres dessinés entre 1901 et 1903. 
















Depuis la typologie du chalet isolé dans un petit jardin jusqu'à l'immeuble de rapport mitoyen de ses voisins, Antoine Percilly tente de répondre au mieux aux souhaits de son exigeant et versatile client, jusque dans l'installation des éléments de confort les plus modernes comme le monte-plat, présent sur la catalogue du fournisseur au même titre que le monte-personne.
























Heureusement, le futur président de la Société des Sciences médicales de Vichy se montrera plus déterminé pour l'édification de sa propre habitation, au n°103 du même boulevard. Il faut dire que celle-ci devait prendre place dans la série des chalets de Napoléon III et c'est naturellement vers ces modèles que se tournera l'architecte pour la construction du Chalet Saint-Sauveur en 1905. 





Mais les archives réservent bien d'autres surprise. Ainsi, la correspondance échangée entre le commanditaire, l'architecte et certains artisans, révèle un personnage pour le moins dur en affaire en la personne du Dr Willemin ! Est-ce sa silhouette que l'architecte, à bout de patience,  aurait croquée entre deux plans ? Hélas, rien ne l'indique...


Fabienne